Château de Vaux en Anjou

La vie à Vaux

Au temps de Jean Bourré
La terre de Vaux, riche et fertile, lui vient de sa mère, Bertranne. Trois fermes encore existantes y étaient rattachées (Motte-de-Vaulx, Regnardière, Clouserie de Vaulx) et approvisionnaient la famille Bourré en légumes, céréales et viandes. Sur les ruines d’un manoir du XIIème, Jean Bourré fit reconstruire ce beau château à partir de 1464, auquel fut annexée une jolie chapelle (Son receveur Guillaume Thual dit « Avoir poié pour les journées et la nourriture de neuf hommes qui en l’an mil CCCC LXIIII faisoient les fondements de la chappelle dudict lieu de Vaulx : CI s. X d. »).

Le château est une solide bâtisse ceinte de douves vives et flanquée de tours aux quatre coins. La campagne étant encore troublée au sortir de la Guerre de Cent Ans, le château a conservé quelques vestiges de l’architecture militaire médiévale (douves, donjon, pont-levis, bretèche, meurtrières, hourd). Mais la douceur de la Renaissance commence à poindre et le château se fait aussi plus ouvert et agréable (accueillante cour d’entrée, fenêtres à meneaux, frises).

Jean Bourré y créa de superbes jardins, soigneusement entretenus, qui produisaient des « poyres de Bon Chrestien et autres bons fruitz » très appréciés.

A Monsr le recepveur de Vaulx.
Monsr le recepveur…. mondit seigneur (Jean Bourré) m’a chargé de vous escripre que… luy mandez… combien vous aurez eu de vin à Vaulx ; et sur toutes choses que facez bien garder les poyres de Bon Chrestien et autres bons fruitz qui sont audit Vaulx…
Au Plessis-Bourré, ce samedi derrenier jour de septembre l’an mil Vc et troys.
De Bordigné

Jean Bourré y fit bâtir de vastes celliers destinés à recevoir la récolte de ses vignobles (Guillaume Thual : « Avoir poiés au charpentier Jehan Gillot, pour avoir fait les chantiers des celiers de la maison neufve de Vaulx : VII s. VI d. »). Jean Bourré prisait fort le vin blanc de Vaux, comme le prouve la lettre suivante :

Au recepveur de Vaulx
Recepveur,
J’ay reçeu vos lectres et aussi la responce de celles que j’avoie escriptes à Monsr de Marboué (René de Feschal). J’ay aussi eu quatre connins et quatre chappons que m’avez envoiez par ce porteur. Envoiez à monsr de Brez ung mot de lectre que je luy escript. Monsr de Champigné m’a dit qu’il a beu du bon vin blanc à Vaulx. Gardez le moy bien à quant je yré par delà, et gardez qu’il n’en soit point tyré, et le faictes bonder, et abiller qu’il n’y ayt point de vent, si d’adventure il n’en a besoignt par ung petit pertuys empres le bondin.
Escript au Plessys Bourré, ce dymanche dernier jour d’octobre 1483
Bourré

La qualité des produits des terres de Jean Bourré et le soin qu’il y mettait ajoutèrent à sa réputation. Louis XI chargeait souvent Jean Bourré d’achats de vin, le sachant connaisseur. Le roi lui demanda aussi de surveiller l’alimentation du Dauphin Charles, à Amboise.

Trop occupé par ses nombreuses charges auprès de Louis XI, Jean Bourré ne séjourna que peu à Vaux. Et il délaissa bientôt cette terre, principalement parce que cette seigneurie était entourée par des domaines de l’évêché d’Angers et de diverses collégiales, et qu’elle n’était donc pas susceptible d’agrandissements, pourtant nécessaires au nouveau statut social de son propriétaire. Jean Bourré acquit donc les terres du Plessis-le-Vent dès 1462, pour y faire édifier le Plessis-Bourré de 1468 à 1472.

Marguerite de Feschal affectionnait particulièrement Vaux et en prenait souvent le nom (Madame de Vaulx). Elle y séjourna plus particulièrement pendant la construction du Plessis-Bourré, dont elle surveillait l’avancement des travaux et en faisait rapport à son mari.

Monsr,
Touchant vostre maison du Plessis, je la faitz avancez le mieulx que je puys sans y estre…Je ay grant haste que la dicte méson soyt achevée, car j’ay attente, si ce est vostre plaisir, de y faire vostre petit enfant…Quand de voustre étang hom y besogne touz les jours. Quand à la closture de vostre court que vous m’aviez aultrefois escript, je ne y ay encore faitz toucher, mes les perriers à peine peuvent fournir la matière pour l’estang et attendaye toujours que l’estang fut achevé pour y faire besongner ce seroyt follye de la faire commencer tant que l’on n’ayt largement de la pierre…
Escript à Vaulx, ce darrain jour de may (1470)
Vostre très humble et obeïssante fille et amye
Marguerite de Feschal


Les propriétaires successifs de Vaux
• Vaux est bâti par Jean Bourré entre 1464 et 1468.
• Vaux est ensuite vendu par René Bourré en 1582 à René de Bourgneuf, seigneur de Cussé3
• Charles d’Angennes, marquis de Rambouillet, en devient seigneur en 1627.
• Vaux est ensuite vendu à Pierre Trochon de Champagne en 1652.
• Le marquis Joseph Hilaire de Préaux en hérite en 1779 et l’afferme avec pour régisseur Jacques Bordillon.
Une centaine de Chouans l’investirent. Le 19 thermidor de l’An II (06 août 1794), un assaut du cantonnement voisin les en chassèrent, laissant 2 morts et le manteau de leur chef Coquereau.
• Vaux est alors habité de mère en fille par cette famille, avec successivement sa fille Joséphine Bordillon, épouse d’Auguste Briand (1832), puis leurs filles Augustine Briand, épouse d’Alexandre Richou (1888) et enfin Renée Briand, épouse d’Octave Cadeau.
• Arthur de Rougé, duc de Caylus, en hérite ensuite du Marquis de Préaux, puis finira par le revendre à Octave Cadeau en 1908.
• La fille de Renée Cadeau puis sa petite fille (Mme Conrairie) en héritent ensuite.
• Famille Conrairie : 1933 – 1970
• Famille Orliac : 1970 – 1986
• Famille Nitzel : depuis 1986